Location nue ou meublée : quel statut fiscal choisir pour optimiser votre investissement LMNP et SCI ?
Investir dans l’immobilier locatif reste l’un des piliers préférés des Français pour se constituer un patrimoine. Pourtant, une fois le bien acquis, une question stratégique se pose inévitablement : faut-il opter pour la location nue ou meublée ? Ce choix n’est pas seulement une question d’ameublement ou de gestion logistique ; il détermine avant tout le régime fiscal applicable à vos revenus locatifs et, par extension, la rentabilité nette de votre opération.
Pour les dirigeants d’entreprises, les investisseurs LMNP ou les gérants de SCI, comprendre les nuances entre ces deux modes d’exploitation est indispensable pour aligner votre stratégie immobilière avec vos objectifs patrimoniaux.

Les différences juridiques et contractuelles fondamentales
Avant d’aborder la fiscalité, il est nécessaire de comprendre les contraintes légales qui distinguent ces deux types de baux. La souplesse contractuelle varie grandement selon que vous louiez des murs vides ou un appartement prêt à vivre.
La durée du bail et le préavis
Dans le cadre d’une location nue à titre de résidence principale, la loi du 6 juillet 1989 impose une durée de bail de 3 ans (ou 6 ans si le propriétaire est une personne morale, comme une société civiIe immobilière familiale). Cette stabilité rassure le locataire mais limite la flexibilité du propriétaire pour récupérer son bien.
À l’inverse, la location meublée offre davantage de souplesse. Le bail est signé pour une durée d’un an, reconductible tacitement. Il existe même un bail spécifique de 9 mois pour les étudiants, sans reconduction tacite, ou le bail mobilité pour des durées plus courtes (1 à 10 mois). Côté congé, si le locataire souhaite partir, le préavis est réduit à un mois en meublé, contre trois mois en vide (sauf zone tendue).
Les équipements obligatoires
C’est souvent le frein principal pour les propriétaires hésitants. Pour qualifier un logement de “meublé”, il ne suffit pas de poser un lit et une table. La réglementation impose une liste stricte d’équipements obligatoires. Le logement doit comporter tout le nécessaire pour que le locataire puisse y dormir, manger et vivre convenablement dès son arrivée, incluant la literie, les plaques de cuisson, le réfrigérateur, la vaisselle ou encore le matériel d’entretien ménager.
Pour vous assurer de la conformité de votre bien, vous pouvez consulter la liste officielle des équipements obligatoires sur le site service-public.fr, qui fait foi en cas de litige.
Fiscalité : le duel entre Revenus Fonciers et BIC
C’est ici que se joue la rentabilité réelle de votre arbitrage entre location nue ou meublée. Le traitement fiscal des loyers perçus diffère radicalement selon le mode d’exploitation.
La location nue : le régime des revenus fonciers
Lorsque vous louez un bien vide, les loyers perçus sont considérés comme des revenus fonciers. Deux régimes s’offrent à vous :
- Le Micro-Foncier : Si vos revenus locatifs annuels sont inférieurs à 15 000 €, vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 30 %. Vous n’êtes imposé que sur 70 % de vos recettes. C’est simple, mais souvent peu avantageux si vous avez beaucoup de charges.
- Le Régime Réel : Obligatoire au-delà de 15 000 € ou sur option, il permet de déduire vos charges réelles (intérêts d’emprunt, taxe foncière, travaux, assurances). Si vos charges dépassent vos loyers, vous créez un déficit foncier, imputable sur vos autres revenus fonciers ou sur votre revenu global (dans la limite de 10 700 € par an), ce qui constitue un levier de défiscalisation puissant pour les contribuables fortement imposés.
La location meublée : l’atout des BIC et du LMNP
En louant meublé, vous changez de catégorie fiscale. Vous n’êtes plus un simple bailleur, mais un entrepreneur individuel aux yeux de l’administration. Vos recettes sont taxées dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).
- Le Micro-BIC : Pour des recettes inférieures à 77 700 €, l’abattement forfaitaire grimpe à 50 %. Vous n’êtes imposé que sur la moitié de vos loyers. C’est mécaniquement plus intéressant que le micro-foncier de la location nue.
- Le Régime Réel Simplifié (LMNP/LMP) : C’est souvent la “voie royale” pour les investisseurs avisés. En plus de déduire l’intégralité de vos charges (comme en location nue), vous pouvez pratiquer l’amortissement du bien immobilier et du mobilier. Comptablement, cette charge “fictive” (qui ne correspond à aucune sortie de trésorerie) vient gommer tout ou partie de votre bénéfice imposable. Résultat : il est fréquent de percevoir des loyers nets d’impôts pendant plusieurs années, voire décennies.
Avantages et inconvénients : tableau de bord pour décider
Pour synthétiser cet arbitrage complexe, analysons les forces et faiblesses de chaque option sous l’angle de la gestion et du rendement.
La location nue : stabilité et simplicité
L’avantage majeur de la location nue réside dans la stabilité locative. Les locataires s’installent généralement pour plusieurs années, puisqu’ils apportent leurs propres meubles. Cela réduit considérablement le risque de vacance locative et les frais de remise en état entre deux occupants. De plus, la gestion est moins chronophage. Vous n’avez pas à gérer l’inventaire du mobilier, le remplacement de l’électroménager en panne ou l’usure des équipements. C’est un choix pertinent pour les investisseurs cherchant des revenus passifs avec une implication minimale, ou pour ceux qui visent le déficit foncier pour réduire leur impôt sur le revenu global immédiat.
La location meublée : rentabilité brute et optimisation fiscale
La location meublée permet généralement d’appliquer un loyer 10 % à 20 % supérieur à celui d’un bien nu équivalent. Couplé à l’avantage fiscal de l’amortissement en LMNP, le rendement net est souvent bien supérieur. Cependant, cette performance a un coût : le turnover. Les locataires (étudiants, jeunes actifs en mobilité) restent moins longtemps. Cela implique une gestion plus active : plus d’états des lieux, plus de recherches de locataires, et des coûts d’entretien du mobilier à prévoir. Il faut donc être prêt à s’investir davantage ou à déléguer la gestion à une agence, ce qui impactera la rentabilité.
Comment faire le bon choix selon votre profil ?
Il n’existe pas de réponse universelle. Le choix entre location nue ou meublée dépend intimement de votre situation personnelle et de vos objectifs. Si votre priorité est la tranquillité d’esprit et que vous disposez de peu de temps à consacrer à la gestion de votre patrimoine, la location nue reste une valeur sûre, particulièrement si le bien est grand (T3, T4, maison) et vise des familles.
En revanche, si votre objectif est de maximiser vos revenus nets après impôts et de vous constituer un patrimoine autofinancé, le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) au régime réel est souvent imbattable mathématiquement. L’économie d’impôt réalisée grâce à l’amortissement compense largement les frais de gestion supplémentaires. Notez toutefois que le passage au régime réel, que ce soit en foncier ou en BIC, impose une tenue de comptabilité rigoureuse. Contrairement au régime micro, vous devrez produire une liasse fiscale chaque année (formulaire 2031 pour le meublé, 2044 pour le nu).
C’est une démarche administrative qui peut effrayer, mais qui est aujourd’hui grandement simplifiée par des solutions d’accompagnement en ligne. Des services spécialisés comme Teledec permettent aux propriétaires bailleurs de générer leur liasse fiscale en toute conformité, transformant une contrainte administrative en une simple formalité annuelle.
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Commencez une télédeclarationQuestions fréquentes
En location nue, le bail est de 3 ans minimum (6 ans si le propriétaire est une société). En location meublée, la durée est plus flexible : 1 an (reductible à 9 mois pour les étudiants), ce qui offre plus de souplesse au propriétaire pour récupérer son bien.
C'est la différence fiscale majeure : les loyers de la location nue sont taxés comme des Revenus Fonciers, tandis que ceux de la location meublée sont considérés comme des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), car vous êtes alors assimilés à un entrepreneur.
Grâce au statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) au régime réel, vous pouvez déduire vos charges mais aussi pratiquer l'amortissement du bien et du mobilier. Cette charge comptable 'fictive' permet souvent de réduire votre bénéfice imposable à zéro, vous permettant de percevoir des loyers nets d'impôts pendant de nombreuses années.
Juridiquement, oui, mais il faut respecter une liste stricte d'équipements obligatoires (literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, table, sièges...). Sans ces éléments, l'administration fiscale peut requalifier votre location meublée en location nue et annuler vos avantages fiscaux.
Si vous effectuez de gros travaux dans un logement nu et que vos charges dépassent vos revenus locatifs, vous créez un déficit foncier. Ce déficit peut être déduit de votre revenu global (salaires, etc.) dans la limite de 10 700 € par an, ce qui réduit immédiatement votre impôt sur le revenu.
Généralement, la location meublée permet de fixer un loyer 10 % à 20 % plus élevé que la location nue pour un même bien. Cependant, elle implique souvent plus de rotation de locataires (vacance locative) et des frais d'entretien du mobilier plus réguliers.
La location nue est idéale pour la tranquillité. Les locataires restent plus longtemps (stabilité familiale), il n'y a pas d'inventaire de mobilier à gérer, et l'entretien courant est plus simple. C'est le choix privilégier pour des revenus réellement 'passifs'.
Si vous optez pour le régime réel (en nu ou en meublé), vous devez produire une liasse fiscale annuelle (formulaire 2031 ou 2044). Bien que technique, cette démarche ne nécessite pas forcément l'intervention d'un cabinet d'expertise-comptable : des solutions en ligne comme Teledec permettent de générer et télétransmettre ces documents de manière simplifiée et conforme.